Du 6 au 17 juillet, le musée Urbain Cabrol accueille-en cette année jacquaire-, sur proposition de Jean- Pierre Mangé, président de l'association du Bas-Rouergue vers Compostelle, l'exposition:" Des chemins vers Compostelle à l'itinéraire culturel européen".
Elle se compose de 18 panneaux illustrés reprenant l'histoire générale, sans en oublier les légendes, des pèlerinages sur les divers chemins conduisant en  Galice. Elle rend compte aussi de l'évolution des motivations des marcheurs d'aujourd'hui qui, au lieu du  pèlerinage, pratiquent plutôt la pérégrination tout en conservant cependant cette quête de sens qui fait d'un marcheur sportif à l'aller un pèlerin au retour. C'est la vertu du chemin, par un cheminement intérieur, d'opérer cette transformation. Le face à face avec soi-même, avec la nature et ses dangers, la souffrance, la peur, la méditation mais aussi la confrontation avec ses semblables conduisent au dépassement  de soi. De cette expérience intime, l'historien ne peut rien  dire, d'autant qu'entre le X ème et le XVIII ème siècle ,une quinzaine seulement de pèlerins ont laissé des traces écrites de leur voyage dont à peine la moitié sont traduites en français. Il reste alors à l'historien les éléments tangibles: chemins, lieux, objets et édifices.


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(Deux   panneaux, pour exemple)



Le mercredi 7 juillet à 17h30, devant une salle comble et surchauffée, Jean-Pierre Mangé, après avoir rendu hommage à son prédécesseur Henri Davy, rappelle les objectifs de son association, les résultats obtenus et les projets.

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Au fond, J.P. Mangé et G. Bonnet. Au premier plan, une vue partielle de l'assistance.

Il cède ensuite la parole à Gabrielle Bonnet, lui réservant la partie purement historique et locale basée sur des documents des archives municipales avec pour titre: "La confrérie des pèlerins de Monsieur saint-Jacques de Ville Franche"


♦ La première partie concerne  l'histoire de l'hôpital Saint-Jacques, lieu de repos, de soins, d'hébergement et de rencontres après les fatigues et les dangers de la route. L'emplacement subsiste toujours mais les bâtiments ont disparu. La chapelle, jouxtant l'hôpital, édifiée à la même époque que la Chartreuse, profondément modifiée, est aujourd'hui en voie de restauration.

♦ Dans la deuxième partie, Gabrielle Bonnet fait revivre la confrérie des pèlerins de Saint-Jacques de Villefranche, attestée depuis 1493 et qui comptera à son apogée jusqu'à 200 membres. On n'en faisait partie qu'au retour de Galice et on se consacrait alors à assister ses confrères, particulièrement à l'heure de leur mort. Le nombre important d'adhérents montre l'aspect  quasi  banal du pélerinage.

La conférencière termine en rappelant que le groupe de recherche dont elle faisait partie  alors émit le vœu d'une remise en état de la chapelle. Vingt ans après, les travaux commencent.

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J. P. Mangé et, à sa gauche, MM. Pierre Costes, maire de Villeneuve  et Serge Roques, maire de Villefranche.

Jean-Pierre Mangé remerciait la conférencière pour la qualité de son travail qui contribuait à revitaliser la tradition jacquaire dans le villefranchois puis encourageait les auditeurs à mettre leurs pas dans ceux des pèlerins d'autrefois, ils traverseraient ainsi des paysages sublimes et des cités au patrimoine remarquable.

Il émit l'hypothèse qu'un comte du Rouergue, Raymond II, partant en pèlerinage en 961, aurait traversé notre région. J'ajouterai qu'un personnage  historique, important pour notre cité, Alphonse de Poitiers, exigeait dans son testament:" Nous voulons que en l'église de Saint-Jacques de Compostelle soit establi un cierge qui arde de jour et de nuit perpétument devant l'autel ... encore pour le(s) pèlerinage(s) que nous avons voué(s) à saint Jacques, ... que nous l(es) accomplissions."  Testament d'Alphonse de Poitiers, lors de son départ pour la croisade de 1270,en Terre Sainte.

Un de ses prédécesseurs, Alphonse-Jourdain, comte de Toulouse, accomplit deux fois le pèlerinage à partir de 1125. D'autres comtes s'y sont rendus également. C'est sans doute grâce à eux que deux croix occitanes figurent de part et d'autre de la nef de la cathédrale Saint-Jacques de Compostelle et qu'une autre est présente sur un tombeau.

Cette conférence et cette exposition montrent qu'il est difficile de parler de l'histoire  de notre cité  et de notre région sans évoquer, à un moment ou à un autre,  pèlerins, pèlerinages et  chemins.


Noter:  la Société des Amis de Villefranche-et-du Bas-Rouergue a publié deux ouvrages sur le sujet:,

♦ Chemins de Saint-Jacques et Bas-Rouergue,

♦Confréries religieuses villefranchoises: Pèlerins de Saint-Jacques, Pénitents bleus, Pénitents noirs.

Vous pouvez les acquérir au musée ou les commander à la Société.