Le 6 novembre 2010, à la maison des Sociétés,  quarante personnes environ  participent à l'assemblée générale  de la S.A.V.B.R. C'est une nouvelle possibilité de rencontres et d'échanges entre le conseil d'administration et les adhérents, c'est aussi pour André Trébosc l'occasion de revenir sur le succès de notre sortie à Montauban, de faire le point sur les activités à venir et d'accueillir à l'unanimité quatre nouveaux membres.

 

Les assemblées générales de printemps et d'automne se prolongent par des communications relatives à l'histoire locale, aujourd'hui trois présentateurs se succèderont pour évoquer les débuts de notre Société - bientôt centenaire - dans le contexte villefranchois du début du XX ème siècle.


DSCF3043           Gabrielle Bonnet traite des premières publications de la Société. Celle-ci, créée en décembre 1912, fera paraître ses premières recherches en 1929. Ces ouvrages d'histoire locale , avec Urbain Cabrol comme principal rédacteur, sont aujourd'hui très rares. Les publications périodiques,  selon un rythme régulier , commencent en 1936. Gabrielle Bonnet analyse en détail, dans la forme et le contenu, ces premières parutions, peu connues, mais qui ont gardé tout leur intérêt. Outre les articles purement historiques, elles fournissent aussi des renseignements sur la vie associative, la liste des adhérents et de nombreux encarts publicitaires qui nous révèlent une cité commerçante dynamique et attentive à la protection du patrimoine.

DSCF3044     ♦      C'est un article d'Alexis  Cabrol paru dans le bulletin No 3 - Année 1938 - qui va servir ensuite de support à la première partie de l'intervention de Claude Loupias: " Deux Villefranchois - maîtres de l'œuvre du pape Urbain V à Montpellier".
Alexis Cabrol,  fils du fondateur de la S.A.V.B.R., est aussi un passionné d'archéologie.  Il en dirige même  la Société française  et, dans les Cahiers d'Histoire et d'Archéologie traitant d'une étude sur la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, il découvre  le  rôle  important tenu par deux villefranchois.  Les archives  vaticanes nous apprennent que Guillaume Combes - et son fils Jean - nés à Villefranche, ont participé, en 1364, à l'édification d'une chapelle au monastère Saint-Benoît, à Montpellier, ouvrage destiné à héberger des moines de Saint-Victor de Marseille venus étudier le droit à la réputée Université de Montpellier.

Guillaume Combes sera chargé aussi d'implanter, réaliser puis contrôler les fondations du cloître. Les terrassiers, moins qualifiés, sont choisis sur place.

Par la suite, après le décès de Guillaume, Jean Combes, avec son fils Jean, réalisent en 1396 deux travées de l'église de Saint-Affrique. Ces maîtres d'œuvre auraient-ils participé auparavant  en 1348,  à la construction du transept sud de la collégiale de Villefranche ? Si les dates concordent ,  les archives restent  muettes.

Comment les bâtisseurs  du pape Urbain V connurent-ils ces deux maîtres d'œuvre  villefranchois?  Alexis Cabrol pense qu'ils furent d'abord employés dans le Gévaudan aux nombreux travaux que le pontife fit réaliser dans sa province natale, la qualité de leurs réalisations aurait porté leur notoriété jusqu'au bord de la Méditerranée.

En  lien avec la recherche de Cabrol - car on y évoque aussi des papes d'Avignon - , Claude Loupias  signale un article du Narrateur de février 1903 révélant  qu'un "compatriote" , Charles FOULQUIÉ, alors jeune juge suppléant à Carpentras,  a réalisé une étude sur "Les tribunaux du Comtat Venaissin pendant la domination des papes."  Les archives municipales révèlent que ce jeune magistrat né le 15 février 1872 est le fils de Jules Foulquié, ancien sous-préfet de Villefranche qui exercera ensuite les fonctions de maire.  (Voir sa notice biographique dans "Les Noms de nos Rues"  Tome II p. 133).

La recherche de 60 pages  de son fils  Charles  ne figure pas parmi les ouvrages de la Société. Peut-être est-elle présente dans une bibliothèque villefranchoise,  nous serions heureux de pouvoir la consulter.

DSCF3045      ♦     Avec la contribution de André Trébosc, nous revenons à Villefranche au début du XX ème siècle pour une très intéressante "radiographie" de l'activité économique villefranchoise d'après une analyse de contenu d'un almanach de 1910.

Le département de l'Aveyron a perdu 45 000habitants depuis le maximum de population atteint en 1885, Villefranche n'est que la cinquième ville de l'Aveyron (8362 habitants) après Millau, Rodez, Decazeville et Aubin et pourtant le contenu de l'almanach présente une cité grouillante de vie et d'activités. Qu'on en juge par ces quelques chiffres: 299 commerçants répartis en 21 types d'activités dont 52 aubergistes, 36 patrons de café, 17 marchands de vin et d'eau -de-vie, 51 épiciers, 14 meuniers, etc. etc. Ajoutons encore tous les artisans dont 3 fondeurs de cloches, 4 conducteurs de diligences, 4 martinets à cuivre, 4 tonneliers, 8 bourreliers, etc. etc. sans oublier le personnel du tribunal et de la prison.  En tout 850 entreprises s'affairaient dans la ville ... et chacun des présents compare avec la cité d'aujourd'hui.

André Trébosc termine en relatant la faillite de la banque Delpech en 1911. Cette même année le premier meeting aérien à Villefranche connut quelques amusantes péripéties montrant bien la hardiesse de ces téméraires  pionniers.

Cette intéressante étude a passionné l'auditoire, nous superposions sur ces données chiffrées des images de photos ou de cartes postales anciennes, Villefranche au  début du siècle revivait dans notre esprit, et ce, d'autant que dans l'assistance, des personnes avaient connu certaines de  ces activités ou familles.