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En ce mois de juin 2011, le Musée Urbain Cabrol expose les oeuvres de Marc Merolli, artiste nîmois ayant exposé essentiellement dans tout le sud de la France mais aussi en Italie, Autriche et Allemagne.

Prévenu par le titre de l'exposition " Melancholia Times", le visiteur s'attend à être confronté à l'expression d'une difficulté de vivre, mais dès la découverte des tableaux de la première salle, il perçoit du premier coup d'oeil que l'on est au-delà de la douce et vague mélancolie romantique. Ici nul paysage ou monument mais de savantes compositions humaines sur le thème de la difficulté de vivre. Les personnages contraints, emprisonnés dans des bandelettes, yeux bandés, provoquent un malaise. La technique est sûre et la souffrance devient esthétique. Plus loin un magnifique tableau, circulaire, aux teintes sombres, évoque un tourbillon dans lequel des formes dénudées, soumises à des forces qui les dépassent, paraissent entraînées dans une chute irrémédiable. Lorsqu'on s'approche, un autre tableau apparaît , de nombreux détails appliqués par collage apportent une autre vision: une multitude de nus féminins, ici ou là des couples d'animaux, semblent perpétuer la Vie.   La  Mort et la Vie s'affrontent. A l'autre bout , d'autres oeuvres plus petites, en noir et blanc, offrent des visages déformés, bouche ouverte, criant leur détresse.

Dès l'entrée de la grande salle du premier étage, des teintes lumineuses incendient les tableaux - ocres violents et violets profonds -  mais le thème de la souffrance et du désespoir est toujours présent. Les corps nus, musculeux, dans des positions inattendues, rappellent des oeuvres de Michel-Ange. La lumière dévore la toile ou le panneau de bois mais  le chaos est toujours là, une écriture anguleuse et acérée complète ce que l'image ne peut dire. Ailleurs d'autres corps en position foetale attendent dans la passivité. Plus loin, de savants empilements de corps anonymes, dans toutes les positions, forment  des murs compacts.

Le critique d'art Christian Karoutzos note avec justesse: "... personnages très souvent nus circonscrits dans des espaces clos, prisonniers de leurs fantasmes et de leur univers, dans cette nudité souffrante et apeurée, dans cette solitude désespérante, voyeurs et victimes de leur propre déchéance...est-ce le cri, est-ce la mort, est-ce l'exorcisme qui lui permet de vivre. ...Il ajoute: "dans ce chaos suprêmement ordonné qui dresse le constat d'une humanité en déperdition, la mort est toujours là, présente."

Si le chaos est au centre des oeuvres de Marc Merolli, on n'est pas dans la dépression absolue, les forces de la Vie apparaissent dans les interstices.

Marc Merolli: un artiste qui met sa difficulté de vivre sur la toile de manière très esthétique avec une expression toute personnelle.

A voir au Musée Urbain Cabrol tout le mois de juin, du mardi au samedi   -  14h-18h.