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"Fous d'ailes". Sitôt passé la porte d'entrée du Musée Urbain Cabrol, la première photographie justifie totalement le titre de l'exposition. Le cliché pris dans les prés de Notre-Dame, en 1911, lors du premier rassemblement aérien à Villefranche, présente un avion à l'effrayante légèreté. Deux pilotes, l'air soucieux, semblent suspendus dans un biplan, sans carlingue protectrice, au milieu d'un frêle assemblage de toiles supportées par des tringles de bois, le tout relié par de fins haubans. Nous sommes deux ans après l'exploit de Blériot et, ce 25 juin 1911, lors des fêtes de la Saint-Jean, malgré de nombreux incidents, un avion parvint à s'élever dans les airs sous les hourras d'une foule  dense  aux nombreux canotiers

Sous cette image, une vitrine renferme deux pièces récentes d'une haute technologie qui constrastent par la minutie de leur réalisation, avec la fragilité et,  semble-t-il, le caractère improvisé  des premiers coucous: un résumé de l'exposition qui reprend, dans deux salles, l'histoire de l'aviation à Villefranche sur un siècle.

Nous y retrouvons des éléments mécaniques montrant qu'aux aéronefs légers des pionniers - ces  (Merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines- film sorti en 1965) vont succéder des avions où la recherche de sécurité absolue va devenir  une obsession permanente. Villefranche et sa région contribuent  au développement de ce progrès comme l'attestent les nombreuses pièces exposées. Des vérins de porte d'Airbus A 320, une manette d'Airbus 380 élaborés par Ratier-Figeac, deux autres pièces de Figeac-Aéro, des axes et boulons fabriqués à Villefranche par Lisi-Aérospace témoignent de l'innovation  des entreprises locales.

Quadricylindre RotaxBicylindre Rotax

Il ne faut pas oublier les ULM "Super Guépard" conçus et fabriqués à Toulonjac par les ateliers de Jean Daniel Roman qui, après avoir cumulé les titres de champions de France puis d'Europe  ont décroché la couronne mondiale en 2011. Les bicylindres et quadricylindres Rotax exposés équipent ces machines d'exception.Hélice CaudronDans les deux salles, diverses hélices aux formes épurées sont  à la fois de belles  sculptures et des objets industriels d'avant garde. Que de chemin parcouru entre  l'hélice du Potez 36F et la pale composite de l'Airbus A 400M conçue et fabriquée à Figeac.

 

 Mais l'aviation n'est pas simplement une question d'appareils et de techniques, c'est d'abord une aventure passionnelle qui engage de manière profonde les hommes - ces "fous d'ailes" - qui lui consacrent leurs loisirs et leurs énergies. Dans les vitrines, photos, cartes et documents racontent cette épopée sur un siècle.

Ainsi Louis Vialars, né en 1897, s'engage dans l'aviation pour la guerre et volera sur un Spad, avion du même modèle que celui de Guynemer.

En 1933, "l'Union Aéronautique Populaire de Villefranche" cherche un terrain. M. Brunet de Savignac sollicite  une autorisation ministérielle pour qu'un aérodrome s' établisse sur ses terres à la Borie Grande. En 1938 , Jean Moulin, préfet de l'Aveyron, inaugure un terrain provisoire à la Borie de Cabrol. De 1939 à 1945, les avions sont confisqués et le terrain rendu inutilisable. En 1952 un nouveau terrain est recherché à proximité de la ville, la municipalité acquiert un terrain à Graves et l'Aéroclub s'y installe en 1953. En 1955, le 17 juillet, 50 avions se rassemblent lors de l'inauguration. Colette Duval, championne de France de chute libre, saute après avoir allumé un fumigène qui permet de suivre ses évolutions et le chevalier d'Orgeix impressionne la foule par la virtuosité de ses voltiges aériennes. De nombreuses photos font revivre cette journée.

D'autres moments forts jalonnent l'histoire de Graves, le 29 juin 1962, un imposant avion, un Noratlas venu de Toulouse se pose. La même année, le cardinal Marty fait son baptême ... de l'air.

En 1966, le Premier Ministre Georges Pompidou fréquente l'aérodrome lorsqu'il  se rend dans sa propriété de Cajarc.

Aujourd'hui l'aéroclub poursuit son développement proposant ses activités sur tous types d'appareils.    

Cette exposition a été préparée  essentiellement par Jean-Pierre Trébosc - passionné d'aviation, collectionneur et auteur de nombreuses photos - avec le soutien de la S.A.V.B.R. et de la Municipalité. 

Le jour de l'inauguration, 30 mars 20012, Jean-Pierre Trébosc nous fait partager ses connaissances en aéronautique et nous présente " La tragédie du Sierra Charlie" :  le crash du Concorde le 25 juillet 2000. Dans cette causerie très documentée, on ressent toute son admiration pour la beauté et la conception technique d' un avion emblématique trop tôt disparu du ciel.

JJean-Pierre Trébosc

Ce même jour, c'est un tout petit avion des années 40-50" le pou du ciel" qui stationne  devant le Musée, malgré sa  modestie  et son aspect rétro, il constitue une forte attraction .

Le pou du ciel

Cette exposition attire   de nombreux visiteurs. Ils  viennent à la recherche de leurs souvenirs qu'une abondante documentation présentée de manière attrayante et pédagogique permet de  ranimer.