Comme les 1 200 musées de France ouverts lors de la " Nuit des musées", le Musée Urbain Cabrol a accueilli les visiteurs, ce samedi 19 mai 2012, sans interruption de 14H à 23H.

C'était l'occasion pour l'artiste de Villefranche, Émilie Saurel, de rencontrer son public et d'échanger avec lui sur ses propres thèmes d'inspiration et ses procédés techniques.

Depuis le 4 mai, les visiteurs s'étaient déjà familiarisés avec ses tableaux exposés dans deux salles du musée.

Le figuratif et l'abstrait s'accordent pour montrer et cacher des corps de femmes,  d'hommes ou des couples, en mouvement dans des danses échevelées.

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Le corps humain - unique source d'inspiration - semble lutter, par la danse, pour sa survie. Le besoin forcené de liberté et de mouvement, renforcé par l'absence de cadre qui limiterait et emprisonnerait, paraît indispensable à la survie de l'âme.

Les teintes rouges, appliquées par la technique de la tempera, évoquent brûlures et cicatrices et renvoient au sang et à la douleur; dans la grande salle, les gris, le noir, le blanc et les ocres dominent.

L'artiste a choisi de ne donner de titre ni à son exposition ni à  ses tableaux pour ne pas influencer ou orienter le visiteur. Celui-ci se trouve ainsi directement confronté aux  émotions qu'inspirent toujours des représentations humaines morcelées ou oniriques. Je m'inscris dans ce choix en laissant à chacun la même liberté en ne commentant pas davantage ses oeuvres.

Au cours de cette Nuit des Musées, la jeune artiste, détendue et souriante, prend plaisir à maintenir le mystère de sa création mais nous fait généreusement part de sa technique. L'utilisation d'un support à fin maillage ( du drap) ou plus grossier ( genre toile de jute) donne des effets différents qu'Émilie Saurel saura utiliser pour transmettre son ressenti. De même les ajouts ou rapiéçages dans la toile de drap seront intégrés dans le travail pictural et contribueront à l'expression du thème.

Sau4 Une des originalités dans la technique d'Émilie Saurel réside dans la peinture des deux faces de la toile alors qu'une seule est montrée, mais elle envisage de donner ultérieurement  au visiteur la possibilité de tourner autour du tableau pour  découvrir ainsi les deux faces d'une même réalité. Elle nous montre que du noir étalé au dos du support apparaît gris sur la face visible. Quelquefois, surprise par un résultat inattendu, elle recouvre ce "reflet" issu de l'autre côté  ou sait en tirer un effet.

Cette manière de passer du devant de la toile au dos lors de l'exécution du tableau, par une sorte de chorégraphie, s'assimile à un jeu de cache-cache tout comme le "je montre-je cache" de ses thèmes. Cache-cache de l'artiste avec le visiteur? Avec elle-même?

A chacun  de se faire une idée, l'exposition est visible jusqu'au 31 Mai.

 

Cette soirée d'un grand intérêt montre que le seul face à face spectateur-tableau laisse toujours des interrogations qu'une rencontre avec l'artiste peut atténuer... mais sans lever totalement le mystère car d'autres questions se font jour. Et c'est très bien ainsi.

Si vous voulez voir d'autres peintures d'Emilie Saurel, cliquer ici.