"Les noms des rues de la Vigne, de la Pipe, de la Barrique, et celui moins ancien du Litre rappellent à la fois nos bons et laborieux vignerons et aussi l'enthousiasme de nos pères pour le vin de leurs coteaux, hélas bien dénudés aujourd'hui."

Ainsi s'exprimait Prosper Bras en 1895 après que le phylloxéra eut anéanti le vignoble établi sur les collines ceinturant la bastide. Les efforts d'un peuple courageux qui ne renonce jamais l'avaient reconstitué en grande partie au début de la Grande Guerre, ayant  appris à maîtriser l'hybridation et le greffage. (1152 hectares en 1852, 856 en 1914.) Mais femmes, vieillards et enfants ne purent suppléer dans la durée à l'absence prolongée des jeunes vignerons partis au front: en 1918 les superficies s'étaient effondrées et réduites presque au 1/4. (250 hectares sur 856  au début de la guerre).

Après  cette brutale  chute le vignoble ne fut pas reconstitué ( 170 hectares en 1940) et dans les années 1960, les parcelles dévolues aux ceps furent converties en terrain à bâtir. Ainsi se terminait une activité viticole de plus de 700 ans, présente dès la création de la bastide - et sans doute bien antérieurement - qui avait fortement déterminé la vie sociale, économique, fiscale, festive, culturelle et même religieuse de la bastide comme elle en avait marqué le bâti commercial avec chais, caves, ateliers de tonnellerie et surtout le paysage "naturel" sur les hauteurs de la ville.

P1000331L'exposition concue et réalisée par la Société des Amis de Villefranche se propose de faire revivre cette longue période à partir d'objets, d'outils, de documents et livres, d'articles techniques, de photographies anciennes et plus récentes, d'archives communales et privées  avec tableaux et graphiques, de relevés cadastraux, etc  tout cela agrémenté de savoureux proverbes en langue d'oc glorifiant  le vin qui en disent beaucoup plus sur l'importance de cette civilisation de la vigne  que bien de savants traités.

Des témoignages filmés, malheureusement absents dans le pays villefranchois, provenant de Saint-Geniez d'Olt et de Villeneuve ravivent de nombreux souvenirs aux visiteurs qui prennent beaucoup de plaisir à écouter ces vignerons exprimant dans leur langue occitane, avec une saveur que la langue  française peine à  transmettre, les difficultés de leur tâche mais surtout la joie  des moments festifs des vendanges. Oubliés les moments de découragements, place à la fête, aux chansons, avec le vin des coteaux.

Merci à Christian-Pierre Bedel et à Jean Gibergues de l'Institut Occitan d'Avairon  d'avoir autorisé l'utilisation de ces précieux documents recueillis lors de l'opération Al canton

Merci aussi à tous ceux qui ont participé à l'élaboration, à la mise en place de cette exposition, qui ont prêté objets ou documents etc  sans oublier la municipalité pour son  indispensable soutien logistique.