Samedi 17 mai 2014, inauguration de l'exposition:" A tire-d'aile" en présence de l'artiste, Aurélie Lasvaux.

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"Je suis heureux de participer, au nom de la SAVBR, à l’inauguration de cette exposition « A tire d’ailes » d’Aurélie Lasvaux proposée par la municipalité et que nous avons retenue aussi pour sa qualité. Une visite rapide des salles permet de constater que l’exposition est encore plus réussie et intéressante que ne le laissait supposer les dépliants remis au Comité de gestion pour affiner ses choix.

Je suis donc heureux mais aussi inquiet – et il en sera ainsi à chaque exposition artistique – lorsque je repense à la citation des frères Goncourt : « Ce qui entend le plus de bêtises au monde est, peut-être, un tableau dans un musée. ». La notoriété des frères Goncourt devrait inciter à la prudence mais on ne peut se réfugier dans le mutisme pour autant. Je ne prends aucun risque en signalant qu’il s’agit ici d’un travail de grande qualité qui me touche d’abord par le soin apporté à toutes les réalisations qui respectent le visiteur. Je suis aussi touché par la créativité de l’artiste, la variété des thèmes et des matières et la nécessité de recourir à la 3ème dimension, à l’épaisseur, au volume pour exprimer de manière plus totale son ressenti, son monde intérieur, sans doute l’espace à deux dimensions était-il insuffisant.

 

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D’autres artistes ayant exposé au musée Urbain Cabrol avaient eu recours à ce même procédé. Ignacio Gonzalez avait réalisé des tableaux à base de matériaux récupérés sur les chantiers : placoplatre, polystyrène, contreplaqué, etc. Dans le même souci de création, Émilie Saurel peignait, sur quelques tableaux, l’arrière de la toile pour ajouter des transparences.

 

Malgré quelquefois une forte épaisseur, ces œuvres s’appellent toujours des tableaux, peut-être par la présence du cadre et de la suspension mais le visiteur ne réagit pas de la même façon face à ces œuvres à trois dimensions. Ici, vu de loin puis de près, le tableau évolue, l’œuvre se modifie au fur et à mesure que l’on s’approche d’elle et que les détails se précisent faisant apparaître un autre monde.

De plus on ressent fortement le besoin de compléter ce qu’apporte le regard par un contact physique, ce qui ne se produit pas avec un tableau à deux dimensions. La tentation est grande de toucher les matières pour en éprouver la douceur ou la consistance. On sait qu’on ne doit pas le faire, même si le dépliant semble l’autoriser, mais on en a bien envie et j’ai observé des personnes qui ne résistaient pas !

 

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On dit que l’art est le chemin le plus court entre deux personnes car il procède à la fois de l’intime (ici les références aux souvenirs personnels sont nombreuses) et de l’universel. L’imaginaire du visiteur entre en résonance avec l’imaginaire du créateur, sans passer par la case « réflexion » ou « raisonnement ». On ressent et il faut laisser exprimer sa propre subjectivité. Ainsi ces œuvres, surtout les tableaux circulaires,  évoquent pour moi, des tourbillons, des mondes en gestation, une énergie tellurique créatrice pour une vie qui se prépare.

 

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A chacun sa perception, à chacun son ressenti, à chacun sa vérité, celle-ci est multiple, variable d’une personne à l’autre, le spectateur est aussi créateur.

Prenons le temps face à chacune de ces œuvres, je pense qu’il doit être très dur pour un artiste qui a mis beaucoup de lui-même, de son temps et de son énergie dans sa création de constater le passage rapide des visiteurs d’un tableau à un autre. Laissons nous porter par nos ressentis personnels ; je crois que c’est contre une vérité donnée une fois pour toute que s’exprimaient les Goncourt, alors à chacun sa vérité et, à tire-d’aile, laissons vagabonder nos rêveries."

Le président de la SAVBR

 

Aurélie Lasvaux

 

Lors de la "Nuit des Musées", l'artiste  évoque  devant une foule nombreuse et attentive le  mystère  de la création artistique et  ses sources  d'inspiration rattachées à divers épisodes de sa vie. Elle nous propose 2 ou 3 lectures possibles de certains de ses tableaux, surprenant le visiteur qui avait souvent perçu autre chose. A son insu, l'artiste met dans son oeuvre plus qu'il ne croit - ou qu'il ne veut - et c'est souvent cette partie "cachée" et mystérieuse que ressentira  le spectateur dans un échange subtil d'inconscient à inconscient.

 

Ensuite, en musique, une danseuse improvise une belle chorégraphie  parmi les spectateurs, en lien avec les différents tableaux; les arts se confrontent et se conjuguent en une vraie réussite.

 

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Danseuse