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En mai et juin,  le  musée Urbain Cabrol a saisi la  belle opportunité de  présenter deux expositions remarquables d'un couple de  peintres espagnols ayant choisi l'exil dans le Tarn, en 1936, après la guerre civile: Francisco Bajén & Martine Vega. Ancien officier en Espagne, il est employé à Albi dans une usine textile à des postes de nuit. Francisco Bajén et Martine Vega  entreront en contact avec des intellectuels de la cité albigeoise épris d'art et de littérature. Francisco exposera dès 1945 et Martine attendra  1960.

Martine Vega (1915 - 1974)

la peinture de M. Vega s'apparente à l'art naïf; elle évoque aussi par son style Rouault avec l'importance des traits noirs limitant objets et personnages. Les couleurs vives et affirmées où dominent le rouge, le bleu, le jaune et le vert traduisent une fidélité  à son  Pays basque natal.

L'inspiration est religieuse mais non exclusivement, des scènes champêtres et des sujets profanes sont aussi choisis.

On doit  remarquer  le traitement particulier des yeux; soit ils sont fermés et limités à un simple trait noir, signe de méditation, soit ils sont immenses et observent intensément le spectateur.

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Francisco Bajén (1912 - 2014)

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 Dès que l'on pénètre dans la grande salle du musée Urbain Cabrol, on est frappé par l'originalité du  style  de Francisco Bajén qu'on ne peut rattacher à aucune école, à aucune influence. Cette peinture dite "pommelée" fait réagir davantage par ses couleurs de braise que par ses formes. on est saisi par une profusion de rouge, d'ocre, de marron , de jaune et d'orange,  plutôt dans les tons sombres - couleurs que l'on peut rattacher à l'Espagne, à la force des sentiments, du désir -  laissent peu de place à des verts ou des bleus.

 Bajén  étudie des thèmes religieux mais  c'est aussi un peintre du quotidien où la femme, dans divers de ses rôles sociaux,  occupe une grande place.

Tous les tableaux, encadrés avec grand soin, sont l'objet d'un cadrage particulier; les personnages se cognent aux bordures - on pourrait peut-être même dire aux barreaux -  qui amputent telle ou telle partie du corps. Tout se passe comme si une force limitait toute expansion et imposait des contraintes. Peut-on envisager un effet de l'exil? 

La simplification des formes et volumes renforce cette perception en ajoutant une impression d'immoblité.Les personnages ferment leurs yeux - comme  sur les tableaux de Martine Vega - cette introspection, cette vie intérieure que l'on devine intense, contribuent à  accentuer le mystère paisible qui émane de ces scènes.

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