Madame Rigal-Saurel, Monsieur Claude Loupias

 

 Le 22 novembre 2014, une trentaine de sociétaires se réunissent pour leur AG d'automne et, selon l'ordre du jour habituel, le président rappelle les mérites des sociétaires décédés depuis la dernière AG d'avril 2014, revient sur les activités passées qui ont donné satisfaction à tous et évoque les projets pour le prochain trimestre. Avant d'écouter la conférence de  Geneviève Rigal-Saurel , l'assemblée approuve la candidature d'un  futur adhérent. 

 Les apothicaires de Najac aux XVII et XVIIIe siècles par Geneviève Rigal-Saurel

 Les premiers apothicaires de Najac, ville de 4000 habitants aux XVII et XVIII e siècles, ne sont connus qu'au XVIIe. La ville comptait alors 5 à 6 notaires, 1 médecin, plusieurs chirurgiens et barbiers et 1 à 2 apothicaires.

Au XVIIe, les Ferrié, Vidilhe et Ramondy venaient en aide aux malades, au XVIIIe Pierre Ramondy est maître apothicaire et la famille Boussaguet entame  une longue tradition médicale: apothicaires,  pharmaciens  après la Révolution et médecins se succèderont à Najac où le dernier Boussaguet exerça  dans les années 1960. 

ALLIANCES

Les mariages s'effectuent surtout dans le milieu médical mais aussi parmi les notables et même la noblesse. Lors de ces alliances, les familles proviennent de régions très diverses: Villefranche, Sévérac-le-Château, Verfeil, La Garde-Viaur, Albi, Cordes, Gaillac, Pompignac et jusqu'au Dauphiné. On ne note ni implexe ni endogamie.

SITUATION SOCIALE

Outre leurs connaissances dans le milieu médical, les apothicaires se sentaient compétents pour administrer leur cité, ainsi le Consulat de Najac, parmi ses six membres, a-t-il compté Forton Ferrié, Jean Ramondy. Forton Ramondy (1671-1749), après des études de droit, occupa les fonctions de conseiller du roi, receveur de la maréchaussée et procureur du roi en la viguerie de Najac. Nanti d'une immense fortune, il la répartit entre ses enfants mais fit preuve aussi d'une grande générosité envers les pauvres, envers les personnes qu'il côtoyait, sans oublier le clergé qui devait oeuvrer au salut de son âme. Geneviève Rigal-Saurel analyse dans le détail son long testament qu'il rédigea à l'âge de 78 ans.

La famille Boussaguet n'avait pas une fortune aussi considérable mais leurs dots se situent au-dessus de la moyenne. Cette famille occupa pendant deux siècles des responsabilités aux services des administrés: conseiller municipal, maire ; Alex Boussaguet, docteur, sera mobilisé en 1914 pour soigner les blessés dans les hôpitaux.

PROFESSION

La formation des apothicaires est longue et peut durer plusieurs années, l'apprentissage peut se faire dans la famille ou chez un autre maître apothicaire. Une formation universitaire pouvait approfondir les connaissances empiriques. Un serment respectant ses formateurs, la dignité du malade, l'estime des collègues suivait la remise du diplôme, y figurent les mots: respect, honneur, probité, désintéressement, responsabilité, dignité humaine.

L'apothicaire prépare onguent,opiats (électuaires contenant de l'opium), emplâtres, pommades et potions mais il peut vendre aussi des produits qui n'ont rien à voir avec des médicaments.

L'analyse détaillée d'un long inventaire de 30 pages effectué en 1659 après le décès d'Antoine Albaret, apothicaire villefranchois, nous introduit dans le quotidien de ce professionnel; y apparaissent dans le détail le mobilier, les objets (chevrettes, mortiers, tamis, pressoirs, boîtes, alambics, bassines, chaudrons et balances) et une longue liste sur 12 pages  de produits médicaux nous familiarisant  avec toutes les préparations de la  pharmacopée; une visite de la boutique "comme si on y était".

 

Merci à Geneviève Rigal-Saurel pour cette conférence passionnante qui fera l'objet d'un article dans un futur numéro de nos ouvrages de mémoires.