Les adhérents se retrouvent le 9 avril 2011, en assemblée générale,  pour faire le point sur les activités de la Société. Le président André Trébosc développe les sujets de l'ordre du jour:

♦ l'exposition collective d'oeuvres de style différent de trois artistes villefranchois: Lebrun, Pailler et Sharav,

♦ le nettoyage et le nouvel aménagement de la salle des Arts et Traditions Populaires  (3ème étage du Musée) réalisés  pendant la période de fermeture par des membres du C.A. aidés par  d'autres sociétaires. Le président les  remercie et recommande la visite de cette salle dont les objets témoignent de la vie quotidienne des habitants de la première moitié du XX e siècle.

♦ la sortie à Millau, le 28 mai,

♦ et l'admission de trois  nouvelles personnes.

Il passe ensuite la parole à Gabrielle Bonnet pour la présentation de sa recherche:                    

  Il y a 100 ans... l'École à Villefranche.

Les délibérations municipales relatives à la vie scolaire sont nombreuses: la collectivité étant toujours sollicitée pour financer  locaux et salaires des enseignants car tout doit être gratuit pour les plus pauvres. Entretenues en partie ou en totalité par des institutions publiques, ces écoles deviennent  "publiques"  même si l'enseignement est confessionnel. C'est à partir de ces nombreux documents que Gabrielle Bonnet a reconstitué l'histoire scolaire de la commune sur plus d'un siècle.

La Convention décide la création de 24 000 écoles primaires: effort nécessaire pour parachever l'oeuvre  de justice de la Révolution. L'égalité de tous face au savoir, par une instruction généralisée,  est un gage de liberté.

A l'initiative des congrégations religieuses des écoles secondaires existent pour les filles, au début du XIX e ,  mais beaucoup de jeunes filles  restent hors de l'école.

Gabrielle Bonnet oriente ensuite essentiellement  sa recherche vers les établissements primaires.

En 1822, les Frères des Écoles chrétiennes ouvrent un établissement scolaire pour les garçons grâce à la mise à disposition de la chapelle des Pénitents Noirs par l'abbé Dufau avec l'ajout d'une  somme de 6 000francs. Les effectifs sont importants, les maîtres en nombre insuffisant et les locaux vite inadaptés: en 1829, un annexe fonctionne "à la commune", au - dessus des écuries de la gendarmerie. Cette dispersion sur deux sites, dans des locaux pour le moins incommodes sinon insalubres, complique la surveillance. En 1844, la municipalité envisage la création d'une école neuve. Des lieux sont proposés, des projets échafaudés mais devant le manque d'argent, on se contentera d'adapter au mieux les locaux des Pénitents Noirs, du moins  pendant un certain temps.

Les filles et les petits retiennent aussi toute l'attention des édiles,la Sainte Famille et les soeurs de Nevers instruisent les filles pauvres. En 1841, aprés un don de Vincent Cibiel, la première salle d'asile du département accueillera les enfants dès deux ans sur l'emplacement de l'ancienne prison.

La situation aux Pénitents Noirs se dégrade de plus en plus, un projet d'école neuve pour garçons est étudié en bordure du boulevard de Paris. Ce n'est qu'en 1873, après l'obtention de subventions, que débutera la construction de la nouvelle école ,en bordure de ce qui deviendra plus tard "les allées Aristide Briand" . Les élèves s'y installeront en 1878.

Les lois Ferry( 1881, 1882, 1886 ) généralisent l'obligation, la gratuité et la laïcité de l'enseignement pour garçons et filles de 6 à 13 ans. En 1891, les Frères sont alors remerciés et la nouvelle école enfin terminée deviendra la première école laïque de garçons. Elle prendra le nom de Jean Pendariès en 1920, du nom d'un de ses instituteurs, victime de la Grande Guerre. Mais les Frères n'ont pas dit leur dernier mot, ils ouvrent une autre  école de garçons, sur le même boulevard, au sud du Carmel, en 1891.

La scolarisation des filles a pris du retard. En 1886, l'ancienne école communale de garçons, place de la mairie, sera sommairement réhabilitée, mais des locaux plus confortables sont indispensables et les filles s'installeront dans de bonnes conditions à l'école Nord,  au faubourg Villeneuve, en 1895 ( inauguration le 11 août 1895). En 1903, l'ouverture de l'école du quartier du pont, école primaire Sud, rue Lapeyrade,  permettra l'accueil des filles du bas de la ville.

En 1818, le maire de Villefranche avait affirmé à ses conseillers "qu'il faut diriger vers le bien...cette fougue d'une jeunesse turbulente" en créant des classes pour développer l'éducation. Cet intérêt porté aux bienfaits de l'instruction ne semblait concerner pas les enfants des écarts qu'on appelait "banlieue". En effet  les enfants des Pesquiés, quelques-uns déjà scolarisés par des religieux, n'auront leur école publique neuve qu'après 1880, ceux de Veuzac l'avaient eue  un peu plus tôt , avant 1866, ainsi que ceux de Saint-Jean d'Aigremont. Une école fonctionnera aussi à Combenègre, au moins à la fin du XIXe.

Les auditeurs se regroupent ensuite autour des documents de cette époque précieusement conservés: cahiers d'élèves, bons points, médailles, livres etc. Ils montrent le sérieux des élèves, l'exigence des programmes et le dévouement des maîtres et maîtresses face à des classes surchargées dans des locaux toujours insuffisants. La présentation de Gabrielle Bonnet souligne aussi la tâche ardue des élus qui devaient répondre aux exigences de l'instruction des tous les enfants avec des moyens financiers toujours limités.

Aujourd'hui les écoles Nord et Sud sont fermées, l'école Pendariès va être profondément modifiée, l'accueil des élèves préoccupe toujours les municipalités mais aussi  les auditeurs qui sont venus nombreux à la présentation très documentée de G. Bonnet, l'avenir de la jeunesse est, pour tous, un sujet digne d'intérêt.

Quelques vues des écoles de la commune de Villefranche - Les photos couleurs sont de G. Bonnet

_cole_des_Fr_res___GendarmerieCopie_de_Entr_e__                              

Copie_de__cole_Nord4___cole_Sud

 

 

 

 

3___Veuzac

 

 

 

 

St_Jean___d_AigremontLes_Pesqui_s